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Au Nigeria, des écoliers libérés contre une « énorme » rançon aux jihadistes de Boko Haram

Publié le 23 février 2026 Lecture : 3 minutes.

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Le gouvernement nigérian a versé à Boko Haram une « énorme » rançon de plusieurs millions de dollars pour libérer près de 230 enfants et membres du personnel d’une école catholique enlevés par les jihadistes en novembre 2025, ont révélé à l’AFP des sources au sein des services de renseignement. Deux commandants de Boko Haram ont également été libérés dans le cadre de cet accord, qui va à l’encontre de la loi nationale interdisant tout paiement aux ravisseurs.

L’argent a été transporté par hélicoptère jusqu’au bastion de Boko Haram à Gwoza, dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays à la frontière avec le Cameroun, et remis à Ali Ngulde, un commandant de la région, ont déclaré trois différentes sources à l’AFP. La région est tellement isolée et la couverture téléphonique tellement mauvaise qu’Ali Ngulde a dû se rendre au Cameroun voisin pour confirmer que la rançon lui avait été livrée et autoriser la libération du premier groupe de 100 écoliers de l’internat catholique de St. Mary de Papiri, selon les mêmes sources.

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Le paiement d’une rançon aux jihadistes, que les responsables du gouvernement nigérian nient, risque d’irriter encore plus le président américain qui s’est récemment présenté comme un défenseur des chrétiens du pays.

Le Nigeria est sous forte pression diplomatique depuis que Donald Trump a dénoncé à l’automne dernier la « persécution » des chrétiens par des « terroristes islamistes dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Les États-Unis ont mené des frappes aériennes le jour de Noël visant des jihadistes dans l’État de Sokoto (nord-ouest).

« Industrie de l’enlèvement »

Les enlèvements de masse ont connu une recrudescence ces derniers mois, touchant en majorité des musulmans, mais celui de St. Mary’s a été le plus médiatisé. Le pays est depuis longtemps en proie à des kidnappings massifs, les criminels et les groupes jihadistes collaborant parfois pour extorquer des millions aux familles des otages, et les autorités semblent impuissantes à les arrêter.

En 2022, le Nigeria a adopté une loi criminalisant le paiement de rançons, avec des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 15 ans. Mais des Nigérians continuent de payer pour libérer leurs proches, pendant que les autorités ferment les yeux.

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La crise des kidnappings est devenue « une industrie structurée et lucrative » qui a rapporté quelque 1,66 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025, selon un rapport récent de SBM Intelligence, un cabinet de conseil basé à Lagos.

Intermédiaires

Un analyste de l’État de Zamfara, dans le nord-ouest du pays, touché par les enlèvements, estime « impossible que les bandits continuent à libérer les personnes qu’ils ont kidnappées sans obtenir de paiement en échange ». « Le gouvernement nie ce que nous savons tous, à savoir qu’il paie des rançons lorsque des écoliers et des victimes de haut rang sont concernés », a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat.

Dans certains cas, des membres des forces de l’ordre servent d’intermédiaires pour faciliter la remise de l’argent aux ravisseurs, a raconté à l’AFP Abubakar Abdulkarim, un habitant de Minna, qui a sollicité l’aide des forces de l’ordre pour remettre 4 000 dollars aux criminels qui avaient enlevé son frère aîné alors qu’il travaillait dans sa ferme à Kontagora, dans l’État du Niger.

Parfois, les familles des victimes qui n’ont pas de moyens ont recours au financement participatif pour collecter des fonds.

(Avec AFP)

Article écrit publié en premier sur JeuneAfrique.Com

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