
Publié le 18 avril 2026 Lecture : 2 minutes.
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Passé la cérémonie d’investiture officielle du 23 mai, Patrice Talon sera officiellement ancien président du Bénin. Si en 2016, il s’était fait élire sur la promesse de faire un unique mandat, promesse non suivie d’effet, celui qui a dirigé le Bénin pendant dix ans a fait inscrire dans la Constitution la limite des deux mandats présidentiels en 2019. « Il est un point sur lequel tout le monde s’accorde », explique François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, au micro de Catherine Potet, pour RFI : « C’est son respect des échéances constitutionnelles, avec cette obsession de ne pas s’éterniser au pouvoir. »
« J’avais émis des doutes sur ses intentions, se rappelle François Soudan. Il m’avait répondu assez sèchement : “Votre question m’agace. Elle dénote le mépris que nous-mêmes et les autres avons de nos propres institutions.” Alors cette parole tenue est suffisamment rare sur le continent pour ne pas être soulignée. » Inspirera-t-elle d’autres présidents, notamment João Lourenço en Angola, ou Félix Tshisekedi en RDC, les soutiens de ce dernier plaident aujourd’hui pour un troisième mandat.
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Un scénario bisounours ?
Patrice Talon va-t-il réellement se retirer de la conduite des affaires de l’État ? « C’est vrai que certains précédents ne militent pas en faveur d’un scénario bisounours entre un président sortant et le dauphin qu’il s’est choisi, répond le directeur de la rédaction de Jeune Afrique, on s’en tiendra donc à une présomption de bonne volonté de part et d’autre. » Et de citer l’ancien président béninois : « Je serai politiquement inexistant. Je n’ai aucune envie de m’occuper de ce qui ne me regardera plus. »
L’un des arguments en faveur d’une véritable passation de pouvoir est le profil du nouveau président élu, Romuald Wadagni. Il n’est pas un compagnon de la première heure de Patrice Talon, pas un homme de son clan. « Patrice Talon a eu l’intelligence de se choisir un successeur qui, certes, a été un exécutant plutôt brillant de sa politique économique, mais à qui il ne doit rien », abonde François Soudan.
Présidence du Sénat
Alors que va faire désormais Patrice Talon ? François Soudan exclut un retour dans le monde des affaires. « Il a délégué la gestion de ses sociétés à ses enfants et même s’il conserve un œil dessus, il n’entend pas y revenir, explique-t-il. À l’entendre, il souhaite, à près de 68 ans, se reposer, aller au cinéma, jouer à la pétanque, être, comme il le dit, “un consommateur des progrès” de son pays et un “observateur bienveillant des réalisations” de son successeur. »
Pour autant, l’ancien président du Bénin n’en a pas encore fini avec la politique. La révision constitutionnelle du 15 novembre 2025 a acté la création d’un Sénat, dont la mission sera de réguler la vie politique. « Patrice Talon sera membre de droit et peut-être même le président du Sénat, conclut François Soudan. Inexistant ne signifie donc pas inactif. »
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Article écrit publié en premier sur JeuneAfrique.Com