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Face à la fermeture des frontières nigérianes, le gouvernement se concerte avec producteurs et commerçants à Glazoué

[Bénin Révélé Mag] – Face aux conséquences liées à la fermeture de la frontière nigériane, les ministres Gaston Dossouhoui de l’Agriculture et Shadiya Alimatou Assouman du Commerce ont réuni autour d’eux, le 19 septembre 2019, les producteurs, revendeurs et éleveurs de la commune de Glazoué dans le département des Collines.

 « Le gouvernement nous a envoyés écouter vos difficultés, vous producteurs, éleveurs et autres acteurs des filières frappées par la crise née de la fermeture sans préavis des frontières avec le grand voisin. Il s’agit aussi de voir comment conserver nos produits et surtout de penser à renforcer les capacités des unités de transformation locales existantes », clarifie le ministre Gaston Dossouhoui à l’entame de la rencontre. En réalité, « je suis venu pour qu’on change de manière de faire. Nous sommes aussi capables d’explorer d’autres solutions. Nous ne devons pas nous abandonner aux effets de la crise » dit-il.

Sa collègue Shadiya Alimatou Assouman du Commerce ira dans le même sens que lui et ajoutera que « c’est d’ailleurs parce que la situation est préoccupante que le gouvernement va à la rencontre des acteurs des filières concernées pour mieux appréhender leurs problèmes afin de trouver ensemble les mécanismes pour y faire face efficacement ». 

Au cours de cette rencontre, la délégation gouvernementale a recensé les difficultés et a envisagé avec les acteurs des filières touchées, les voies et moyens pour faire front efficacement à cette crise. Grand centre commercial fréquenté surtout par la communauté nigériane, Glazoué est aussi touché de plein fouet par les effets de la fermeture des frontières avec le Nigeria.

En effet, dans les Collines, Glazoué est un grand marché incontournable. Un marché pratiquement régional fréquenté par les communautés étrangères et surtout celle nigériane. Ce marché est très prisé pour son riz, sa tomate, ses ignames, son manioc, ses carottes et bien autres. Des produits périssables dont la valeur a chuté de façon drastique.

Ce que diront les acteurs concernés va permettre de comprendre que le gouvernement ne s’est pas trompé en dépêchant une délégation à Glazoué. C’est que, comme dans les autres communes, à Glazoué c’est aussi un drame qui se joue en silence.

Selon Animesh Raj, représentant de la ferme Africa Agritech, les difficultés sont énormes pour cette ferme qui, dans cette crise de fermeture des frontières avec le Nigeria, a déjà perdu huit tonnes de tomates. Elle continue encore chaque jour d’en perdre parce que cette fermeture était imprévisible pour cette ferme qui vient à peine de se lancer en comptant beaucoup sur la proximité avec le marché nigérian.

D’autres vendeurs de tomates et surtout d’ignames de Glazoué subissent aussi la crise et ne savent toujours pas où donner de la tête. Pour Théodore Gbèho, le problème des tubercules d’igname qui étaient vendues la mesure à 40 000 F. Cfa qui sont cédées aujourd’hui à 25 000 F. Cfa et parfois, moins que ça.

Selon El hadj Louga, éleveur peulh, son secteur n’est pas épargné par la mévente généralisée du fait de cette fermeture des frontières. Il explique à la délégation ministérielle, que par semaine, à cause de cette situation, il vend à peine 40 têtes de bœufs contre 100 auparavant. Plus grave, poursuit-il, l’animal précédemment vendu à 200.000 F est désormais cédé entre 150 000 F. Cfa et 100 000 F. Cfa. Pour lui, c’est une situation aussi dramatique que surréaliste qui ruine l’éleveur.    

Par Laurent Adjovi

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