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Faustin-Archange Touadéra : anatomie d’un pouvoir sous haute protection

Publié le 9 février 2026 Lecture : 2 minutes.

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Réélu avec un score officiel de 78 % dès le premier tour de la présidentielle du 28 décembre dernier, Faustin-Archange Touadéra aborde un nouveau mandat dans un climat politique et sécuritaire relativement stabilisé. Une situation assez rare en Centrafrique pour être soulignée. « Malgré les contestations et les accusations de fraudes portées par ses adversaires, l’annonce des résultats n’a pas provoqué de crise politique majeure », relève François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, au micro de RFI. « Ces élections se sont déroulées dans un climat sécuritaire qui n’a jamais été aussi apaisé en Centrafrique depuis le début de la crise en 2013. »

Certes, des poches d’instabilité persistent dans le nord-est et le sud-est du pays, où des groupes armés conservent une influence locale. Mais une série de négociations, menées avec l’appui du Tchad, a permis de réduire significativement l’activité des principales rébellions.

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Une souveraineté sous dépendance

L’équilibre est cependant précaire. Les Forces armées centrafricaines (FACA) ne disposent pas, à elles seules, des capacités suffisantes pour sécuriser l’ensemble du territoire. Le pouvoir de Bangui demeure donc étroitement dépendant de trois partenaires extérieurs. D’abord, les Russes du groupe Wagner, environ 1 500 hommes chargés de la protection du régime, tout en étant impliqués dans l’exploitation de ressources minières via un réseau de sociétés locales.

Ensuite, les Rwandais qui, « dans le cadre d’un accord bilatéral, déploient un millier d’hommes autour de Bangui et protègent également les intérêts miniers et agro-industriels de Kigali dans le pays ». Et, enfin, la Minusca. Forte de près de 17 000 militaires et policiers, la force onusienne reste indispensable.

Les fragilités du système

Plusieurs facteurs de vulnérabilité retiennent néanmoins l’attention : « D’abord, les débordements de la guerre civile au Soudan, avec les incursions de plus en plus fréquentes de combattants soudanais dans le nord-est de la Centrafrique ; et la crise financière que connaît l’ONU, laquelle pourrait déboucher sur une réduction drastique des effectifs de la Minusca », alerte François Soudan.

Il y a aussi le « système de gouvernance plutôt opaque autour de Faustin-Archange Touadéra », mis en lumière par Mathieu Olivier dans son article Faustin-Archange Touadéra, les secrets d’un pouvoir, dans lequel il lève le voile sur « un réseau d’hommes d’affaires et d’agents d’influence évoluant entre Bangui, Dubaï et Moscou, où il est beaucoup question de diamants, d’or et de cryptomonnaie ».

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Article écrit publié en premier sur JeuneAfrique.Com

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