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Huang Jianping : « En 2019, nous ferons encore mieux pour accompagner le gouvernement béninois »

(Bénin Révélé Mag) – Dans un entretien accordé à Bénin Révélé Magazine, le directeur du Centre pilote agricole de Sème-Kpodji indique que leurs formations dans les nouvelles techniques agricoles, modernes et rentables ont porté la production à 400%.

Bénin Révélé Mag : Quels sont les objectifs du Centre pilote de Sèmè-Kpodji ?

Huang Jianping : Le centre pilote agricole de Sèmè-Kpodji a été créé en 2008. C’est un centre de coopération sino-béninois. Les travaux d’installation ont commencé en 2009 et sont achevés en 2010. L’objectif du centre c’est de former les Béninois désireux dans les nouvelles techniques agricoles, modernes et rentables. Nous avons trois activités : la culture de maïs, le maraichage et l’élevage de poules. S’agissant de notre personnel, il y a 18 Béninois qui sont des ouvriers agricoles. Le directeur adjoint du centre c’est M. Robert Adjibi, un Béninois aussi. Nous exploitons un domaine de 56 hectares pour nos activités.

Bénin Révélé Mag : Quelle est la contribution du centre au développement du Bénin?

Huang Jianping : Le centre forme plusieurs catégories de producteurs agricoles qui sont tous des Béninois. Nous avons constaté que le niveau des rendements agricoles et avicoles obtenus au Bénin est bas comparé au nôtre en Chine. L’adoption de nos technologies permet d’améliorer la production. Pour la production de maïs, chaque campagne nous enregistrons une hausse de 800 Kg.  Depuis le démarrage de nos activités, la hausse de production totale enregistrée est de 5,7 tonnes.

Dans le domaine de l’élevage, les techniques locales sont de niveau inférieur à celui de la Chine. Par exemple, nous avons constaté que seuls 67,70% des poussins parviennent à sortir de leurs coquilles (œufs). Nos techniques permettent d’obtenir 80% de poussins à la naissance.  L’utilisation de nos techniques culturales et avicoles est bien appréciée par les bénéficiaires de nos formations. Dans l’ensemble, il y a eu une augmentation de 400%. Nos formations permettent de renforcer les capacités de production des bénéficiaires et d’augmenter de façon considérable leurs rendements en production agricole et en aviculture.

Bénin Révélé Mag : Quelles sont vos relations avec les structures publiques et privées de votre domaine d’activités ?

Huang Jianping : Je rappelle que le centre est le fruit de la coopération entre le gouvernement chinois et celui du Bénin. Le ministre de l’Agriculture et ses collaborateurs directs ont effectué une visite de travail au centre en octobre 2018. Ils ont été impressionnés par nos résultats et ils nous ont félicités. Ils ont souhaité que nos résultats soient vulgarisés. Ils ont aussi formulé le vœu que davantage de Béninois soient formés aussi bien en production agricole qu’en élevage. Nous avons formé depuis le début de nos activités environ 400 paysans agriculteurs spécialisés en maraichage, production de maïs et des éleveurs de poules pondeuses. Nous avons une clientèle variée. Il y en a même qui viennent de Parakou. Ils achètent des poussins qu’ils élèvent et qui deviennent des poules pondeuses. Nous leur offrons une formation et un hébergement gratuits. Pour l’organisation des journées agricoles, nous y contribuons aussi.

Bénin Révélé Mag : Quel est l’engouement des jeunes pour bénéficier d’une formation au centre ?

Huang Jianping : L’université d’Abomey-Calavi nous envoie chaque année une dizaine d’étudiants stagiaires en formation. Nous formons aussi les membres des associations d’agriculteurs villageois en provenance de l’Ouémé et du Plateau. Nous leur donnons aussi des formations sur leurs sites. Parfois, ils viennent ici pour des formations pratiques. Nous recevons aussi des élèves qui viennent découvrir ce que nous faisons pour s’inspirer et développer la vocation à l’agriculture et l’élevage. Nous formons des jeunes scolarisés et illettrés. Cela permet de résorber le chômage.

Bénin Révélé Mag : Quelles sont vos perspectives ?

Huang Jianping : Pour cette année 2019, nous envisageons de former davantage de Béninois, livrer des pondeuses et former les éleveurs. Les formations prennent en compte toute la chaîne de production y compris la santé des plants et des poussins et l’entretien des champs et des poulaillers. Nous ne voudrions pas nous contenter de nos performances. Nous ferons encore mieux cette année pour accompagner les efforts du gouvernement béninois.

Propos recueillis par Ibrahim Oredola Falola

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