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« Il montre une autre Afrique » : la folle tournée de l’influenceur IShowSpeed

Publié le 27 janvier 2026 Lecture : 4 minutes.

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Course contre un guépard en Afrique du Sud, visite d’une mine de diamants au Botswana, découverte des spécialités culinaires éthiopiennes, danse avec les Masaï au Kenya, exploration des pyramides d’Égypte… L’influenceur parmi les plus suivis de la planète a passé des dizaines d’heures en « live » sur les réseaux sociaux, multipliant les interactions avec la population sortie en masse. Au point de faire réaliser à de nombreux internautes américains que l’Afrique était plus développée que ce que les clichés hollywoodiens renvoient.

« Ils nous ont fait croire que l’Afrique était pauvre et misérable, ses directs m’ont fait changer de perception », « On nous apprend que l’Afrique est primitive, dangereuse, qu’il ne faut pas y aller », disent certains abonnés afro-américains manifestement émus dans des vidéos de réaction à la tournée.

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« Il montre une autre Afrique, une Afrique qui bouge, qui se modernise, qui a envie de faire de grandes choses. Il passe dans des endroits où il y a des infrastructures modernes, explique Qemal Affagnon, spécialiste des réseaux sociaux et créateur d’Internet sans Frontières. À l’heure où l’exécutif américain peut parfois présenter l’Afrique dans des termes assez péjoratifs, il diffuse un autre narratif. C’est quelque chose qui a visiblement touché son public américain. »

À Lagos, il a fêté son 21e anniversaire en passant la barre des 50 millions d’abonnés sur YouTube ; à Luanda, il s’est émerveillé de « l’amour reçu » et de « la folle énergie » avant de s’enthousiasmer sur les buildings de Nairobi ou d’Addis-Abeba. Il s’est toutefois bien gardé de parler de politique, y compris dans des pays réputés autocratiques, s’attirant au passage quelques critiques.

Celui qu’on surnomme « Speed » a appliqué au continent africain les recettes de ses voyages aux quatre coins du monde : ses équipes le filment en direct, dans des déambulations à un rythme effréné, où il alterne découvertes culturelles, interactions avec des vendeurs ou artistes de rue et diverses pitreries.

Autorisé à filmer à l’intérieur de la pyramide de Gizeh

Sur YouTube, la tournée est une réussite avec près de 4 millions d’abonnés de plus en un mois et un live à la finale de la Coupe d’Afrique des nations au Maroc, qui a déjà cumulé 15 millions de vues, se plaçant directement dans son top 10. Il compte aussi 45 millions d’abonnés sur Instagram et 47 sur TikTok, pour une fortune personnelle estimée à 20 millions de dollars par Forbes.

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Son objectif n’est pas de se poser en « sauveur » de l’Afrique, mais d’en montrer la « vraie image », sans paternalisme ni victimisation, assurent ses fans. « Le fait qu’il soit le premier streamer américain à faire tout un tour de l’Afrique, c’est historique. C’est un énorme accomplissement qu’il a réalisé pour l’industrie du streaming », se réjouit le youtubeur nigérian Stephen Oluwafisayomi, alias « Stevosky ».

Et quand un membre de son équipe, à bord d’un hélicoptère au Bénin, lui fait remarquer qu’on dirait « Miami, sans les maisons », il répond du tac au tac : « Non, cela ressemble juste au Bénin« . De quoi séduire certains gouvernements, pour attirer des nouveaux visiteurs. « Il y a des pays qui, aujourd’hui, font des clins d’œil à certaines communautés d’afro-descendants et il peut servir de lien entre ces deux mondes », explique Qemal Affagnon.

À Nairobi, il a rencontré la ministre du Tourisme, Rebecca Miano, et reçu un message vidéo de chaleureuse bienvenue du président William Ruto, tandis qu’en Égypte il a été autorisé à filmer en direct à l’intérieur de la pyramide de Gizeh.

Accueil hostile en Algérie

IShowSpeed, de son vrai nom Darren Watkins Jr, a commencé sa carrière comme beaucoup de « streamers » en se filmant en train de jouer à des jeux vidéo. Mais ce fan de foot – et en particulier de Cristiano Ronaldo – ne se contente pas de rester sur son fauteuil de « gamer » et s’est rendu notamment en Asie, en Europe et en Amérique du Sud, frôlant régulièrement l’émeute.

Lors de sa tournée africaine, maillot de foot de l’équipe nationale de chaque pays sur le dos, il a parfois été pris à partie, soit par des fans trop enthousiastes, soit par un public hostile. Comme en Algérie, où il a dû interrompre son direct – une rareté – alors que des supporters lui jetaient des bouteilles dans un stade, lors d’un match de foot.

Celui qui a été désigné « streamer de l’année » 2024 et 2025 aux Streamer Awards, une récompense internationale du secteur, et dont les excès l’ont fait bannir de la plateforme Twitch entre 2021 et 2023 pour « coercition ou intimidation sexuelle », doit achever cette tournée africaine cette semaine avec un test ADN censé révéler ses origines sur le continent.

Au Liberia, où de nombreux Noirs américains ont émigré au XIXe siècle pour renouer avec leurs racines africaines, il a rencontré un homonyme dont les aïeuls ont quitté l’Ohio, la région natale de Speed : « C’est vraiment mon ancêtre », s’est amusé ce dernier.

(Avec AFP)

Article écrit publié en premier sur JeuneAfrique.Com

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